Vers un nouveau programme pédagogique et didactique
 
 
Rita Levi Montalcini

(Remarque: Traduction de discours original en italien)
 
 
Les extraordinaires avancées scientifiques qui ont eu lieu durant ces derniers siècles, et plus particulièrement de celles de la Renaissance à celles modernes, n’ont apporté aucun changement substanciel dans les systèmes éducatifs qui sont restés quasi identiques de génération en génération.
            Au cours des derniers siècles, le manque total de connaissance  des structures et fonctions cérébrales preposées à la capacité cognitive, durant la période post-natale, a infllué de manière négative sur l’adoption de meilleurs modalités éducatives.
            Durant le siècle derniers, deux évenements d’une impoortance fondamentale se sont vérifiés : la compréhension, même si elle est encore aujourd’hui incompléte, de l’activité de l’organe cérébral, et le développement des systèmes informatiques, récent et formidable, qui a imposé une transformation totale de la vie de l’individu dans la société moderne.
            Au début du troisième millénaire, le changement de style de vie au niveau global impose  une révision des systèmes pédagogiques et didactiques.
            Cette révision radicale est primordiale dans les systèmes éducatifs et didactiques depuis l’enfance et dans les périodes suivantes (puberté et adolescence) pour une introduction adéquate dans la société actuelle, qui vit un développement exponentiel  des moyens de communication et informatiques.
L’individu de demain est le résultat de la capacité formative de l’enfant d’aujourd’hui.
Les systèmes éducatifs, aujourd’hui en activité, ressentent encore fortement  le programme victorien basé sur le principe que l’enfant peut être l’objet de récompenses ou de punitions par rapport à son comportement comme on a l’habitude de faire  avec un chiot.
Qu’est-ce qui différencie le cerveau du petit humain à celui du petit chien ? Dans les deux cas, la composante paléocorticale  ne s’est pas développée de manière si différente, notée comme  système limbique, préposée aux fonctions émotives, affectives et agressives des processus comportementaux, elle est restée inchangée depuis des millions d’années, et cela de l’apparition des mammifères à l’Homo sapiens.
            Les enfants de l’homme se différencient de ceux des autres mammifères par la lenteur de leur développement cérébral. Cela les rend très dépendants des parents ou des éducateurs pour toute la longue période qui va de la naissance à la puberté et après. Quand bien même la lenteur de la maturation des facultés cérébrales favorise le développement de ce splendide et complexe mécanisme qu’est le cerveau de l’Homo sapiens, la dépendance prolongée aux parents ou de qui les remplace, laisse une trace indélébile sur les structures nerveuses qui presideront le comportement de l’individu quand, sorti de la minorité, il entrera dans la société humaine.
            Il est important de donner à l’enfant, dans les premières années, les informations nécessaires qui pourront peser fortement dans son rapport au monde. C’est dans cette même phase que les adultes exercent  une influence fondamentale sur l’enfant avec les croyances religieuses - politique de la tribu ou des groupes sociaux auxquels ils appartiennent . La haine inculquée durant le jeune âge sur le différent, quelque soit la définition de ce terme, provoque les tragiques conséquences des génocides et des guerres comme celles qui aujourd’hui encore ensanglantes le globe entier. L’éducation établit sur ces principes dans les premières années de la vie, a une incidence forte sur le caractère et le comportement de l’adulte de demain.
            Le développement cognitif de l’enfant qui prend origine dans la composante néocorticale du cerveau est totalement différent.  Celle-ci, à la différence de la paléocorticale, est allée à l’encontre d’une formidable extension avec le repliement du feuillet cortical qui, à son tour, a rendu possible une augmentation et une reélaboration des réseaux neurologiques.
            Durant les phases de l’enfance sur les bancs de l’école primaire, l’enfant apprend les premières règles de la cohabitation sociale et parcourt en peu de mois les routes parcourues en dizaine de milliers d’années par ses  ancêtres, depuis que ces lointains prédécesseurs ont découverts ces formidables moyens de communication par l’intermédiaire de symboles qui constituent le langage parlé et écrit. Avec une telle découverte les possibilités, dans notre espèce, d’échanger des messages entre les individus, entre le singulier et la masse, entre appartenants aux générations qui nous ont précédées  et celles actuellement vivantes, entre celle-ci et celle à venir, se sont centupler.
            La découverte que les propriétés cognitives sont déjà en vigeur dans le cerveau enfantile et qu’elles sont fortement supérieures à celles qui ont été considérées dans le passé est récente. Sur quoi se base cette affirmation ?
            Les appartenants aux nouvelles générations, dès la petite enfance, démontrent une tendance du tout imprévisible et naturel, vers l’utilisation des systèmes informatiques, comme l’ordinateur, avec un programme logico-formal.
            L’évolution des techniques informatiques nous a révélé l’énorme et impensable capacité de l’enfant et du pré-adolescent  à non seulement recevoir les informations qui étaient considérées prérogatives par un cerveau mature, mais aussi d’en faire un usage immédiat, dépassant de manière impressionnante les adultes dans cette activité. Les capacités et l’enthousiasme avec lesquels l’enfant se sert de l’usage de l’ordinateur sont surprenants. L’âge moyen du premier impact avec ces tecnologies tend de plus en plus à diminuer. Le devoir qui aujourd’hui s’impose dans les systèmes éducatifs et didactiques n’est pas celui d’endoctriner l’enfant et le prè-adolescent  en lui transmettant la connaissance à travers les traditionnels livres de texte, mais de le rendre conscient des facultés qu’il a en sa possession et de les utiliser pour passer d’une condition passive de « subir » les informations à celle active d’apprendre au moyen de l’expérience directe. Une propriété expliquée par les circuits neocorticales qui se développent de manière vigoureuse depuis la naissance et qui sont stimulés par les messages  qui parviennent de l’environnement extérieur.
            Seymour Papert, le plus fameux représentant d’une nouvelle théorie pedagogique-didactique affirme qu’on  doit reconnaître à l’enfant le rôle de « producteur actif » e non celui de « consommateur passif » de l’apprentissage.
            Comment peut-on parvenir à un bouleversement qui exige une totale révision des systèmes éducatifs et didactiques ?
            L’auteur pense que l’utilisation de l’ordinateur durant les phases initiales du développement de l’individu, sous contrôle nécessaire, stimule la capacité créative du jeune utilisateur. L’apprentissage des mathématiques, considérée en principe comme une matière difficile durant le premières années d’école, devient à travers l’usage de l’ordinateur un mode de pensée actif. Selon l’auteur, cette discipline enseignée avec les méthodes traditionnelles n’est pas uniquement difficile à apprendre, mais elle est inutile, manquant d’application directe des phénomènes auxquels le jeune est témoin.
            A travers la participation directe des enfants à la création de programmes dont les jeux vidéo, ou ceux tournés vers le contrôle de l’ordinateur et non vice vers ça, Papert a créé un programme nommé LOGO qui permet à l’enfant de développer, par l’usage de l’ordinateur, des activités créatives dans le secteur de la musique, de l’art, des jeux et autre. Il a été démontré qu’à travers cette utilisation tous les enfants réussissent à apprendre mieux  et beaucoup plus vite qu’avec les méthodes scolaires traditionnelles.
            Un exemple type de la précocité à apprendre est confirmée par les résultats obtenus à l’école primaire « Diana » de Reggio Emilia qui jouit aujourd’hui, à la suite de cette expérience, non seulement de reconnaissances nationales et européennes mais aussi d’être citée comme modèle par l’Université de Harvard. Cette dernière a reporté sur un récent essai intitulé « Making Learning Visible », les modalités et les techniques adoptées avec le résultat d’un apprentissage autonome de la part des enfants, mais cependant suivit discrètement par les enseignants.
            C’est à l’enseignant qu’incombe le devoir de suivre le jeune et de le mettre en conditions de se développer comme individu. Il doit savoir le conseiller et en même temps apprendre des choses nouvelles avec l’étudiant.
            Ainsi confirmé par différents auteurs, il est possible de faire des expériences avec l’ordinateur. Tandis que l’apprentissage qui dérive de la lecture des livres de texte  diminue avec le temps, que la connaissance est oubliée et est contrôlée de temps en temps, cette conséquence  de l’utilisation de l’ordinateur est mieux mémorisé.
            Proposé par Paolo Manzelli, Président de l’Association CreaNEt, le nouveau système didactique au lieu d’être un triangle : professeurs – livres de texte – élèves, devra impliquer l’habilité professionnelle à générer un apprentissage créatif sur les bases d’une projection éducative qui se développe dans un environnement ouvert.
            Il faut penser à une école nouvelle, différente. Il est nécessaire non seulement de remplacer les programmes actuels d’études, mais aussi de changer le mode d’enseigner. Un tel changement est déjà en cours aux USA et a donné des résultats considérables.
            « L’interactivité » d’un nouveau système éducatif et didactique entre les écoles, les centres de recherche et la société, représente la clef de voûte pour parvenir à des finalités communes qui correspondent aux exigences du scénario social européen.
            Cette révolution culturelle sera exposée aux réactions favorables ou contraires. Il est intéressant d’observer, comme remarque du mathématicien et pédagogue, Papert, que l’utilisation des technologies informatiques est plus rapidement acceptée et appliquée dans les pays dit en voie de développement plutôt que dans ceux à haut niveau culturel caractérisés par des tendances conservatrices. Cependant, le processus de développement des nouvelles technologies est irréversible et il est urgent de penser à un changement qui verrait les membres des nouvelles générations en qualité d’acteurs et non de spectateurs dans l’arène mondiale de la vie.