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Discours
de Lionel Jospin à loccasion des « Dialogues pour la
Terre »
Lyon, le
22/02/2002,
Version provisoire,
seul le prononcé fait foi
Monsieur
le Président,
Monsieur le Premier ministre,
Monsieur le sénateur-maire,
Madame la Présidente du Conseil régional,
Mesdames messieurs,
Cest avec plaisir que je massocie à cette cérémonie
douverture des « Dialogues pour la Terre ». Ce grand
forum public, organisé à linitiative du Président
Mikhaïl GORBATCHEV et de Maurice STRONG, auxquels je souhaite rendre
hommage, a la très légitime ambition de faire avancer la
réflexion sur les questions éthiques liées au développement
durable et à la mondialisation et, ainsi, de préparer le
sommet qui se tiendra à Johannesburg en septembre 2002. Je me réjouis
que ce forum réunisse un si grand nombre de représentants
de la société civile, des gouvernements et des organisations
internationales, car le développement durable est un problème
qui nous concerne tous. Je me réjouis aussi que ce forum se tienne
à Lyon, grâce au patronage de son maire, Gérard COLLOMB,
et de son prédécesseur, Raymond BARRE, que je salue tous
les deux.
Depuis le Sommet de la Terre qui sest tenu à Rio en 1992,
la mondialisation sest affirmée comme une dimension incontournable
de nos débats politiques, de nos décisions et de nos modes
de vie. Nous en percevons aujourdhui les risques comme les potentialités.
La maîtrise de ce puissant mouvement dintégration est
lune des questions politiques les plus sensibles de notre temps.
Notre succès dans cette entreprise ambitieuse se jugera à
laune des résultats que nous obtiendrons en matière
de protection de lenvironnement et de gestion des ressources naturelles.
Il se mesurera également au respect des libertés politiques,
et du droit à la santé, à une alimentation suffisante,
à leau, à léducation, à lénergie,
cest-à-dire, plus globalement, au respect des droits fondamentaux
pour tous. Or, il reste beaucoup à faire : 2 milliards de femmes
et dhommes vivent avec moins de deux dollars par jour et nont
accès ni à leau potable, ni aux soins, ni à
léducation de base. Et près de 800 millions dentre
eux souffrent encore cruellement de la faim.
Vivre ensemble, sur cette planète, exige donc de nous tous un effort
sans précédent dintelligence et dinventivité,
mais aussi de solidarité et de démocratie. La période
y est paradoxalement propice. Avec la fin du siècle, nous avons
assisté à la mort des orthodoxies. Le monde nest plus
partagé entre deux systèmes de pensée qui sexcluent
et se confortent mutuellement. Qui oserait défendre que le marché
peut tout ou que lÉtat, à lui seul, détient
la réponse aux défis mondiaux ? Cette période est
aussi pleine dinterrogations et dincertitudes. Les attentats
dramatiques du 11 septembre en sont la preuve. Léradication
du terrorisme appelle un effort collectif de longue haleine, aussi bien
pour nous protéger de cette menace que pour libérer les
peuples qui en deviennent otages. Cest ce qui a été
fait en Afghanistan. Et, comme elle a soutenu la riposte américaine
contre Al-Qaïda, la France sassociera aux efforts de la communauté
internationale pour que les femmes et les hommes de ce pays retrouvent,
avec la paix civile, le bénéfice de tous leurs droits. Les
conséquences de ces événements pèseront longtemps
sur la vie internationale. Les réponses militaires peuvent être
nécessaires. Mais elles ne sont jamais suffisantes lorsquil
sagit de sattaquer aux causes profondes des désordres
mondiaux. Les véritables enjeux de la sécurité collective
passent aujourdhui par la construction dune communauté
internationale fondée sur des Etats démocratiques et par
la définition de réponses communes aux défis de ce
siècle nouveau.
Pour mon Gouvernement, le monde doit se doter de principes et de règles
internationales négociés par tous, acceptés par tous
et adoptés au bénéfice de tous. Cette démarche
sera certainement longue et difficile, mais elle seule est capable de
garantir la sécurité collective et de réduire les
conflits. Le message que nous lancerons à Monterrey, puis à
Johannesburg, sera donc, plus que jamais, un message en faveur de laction
multilatérale. Nous devrons répondre aux défaillances
les plus manifestes de notre système mondial dans quatre grands
domaines qui correspondent aux principaux droits fondamentaux : lenvironnement,
leau, la santé, ainsi que léducation et la culture.
De ce que lon fera dans chacun de ces domaines dépendra en
grande partie le bien-être de lhumanité.
Il faut dabord préserver notre environnement, ce patrimoine
naturel dans lequel nous vivons aujourdhui et que nous transmettrons,
demain, aux générations futures.
La lutte contre le changement climatique ne fait que commencer. Elle est
capitale, car les dégradations que le réchauffement du climat
entraîne se traduiront, notamment pour les pays les plus pauvres,
par des épidémies, des migrations massives et des crises
alimentaires. En dix ans, la communauté internationale a réussi
on sait avec quelles difficultés à conclure
un accord contraignant pour réduire les émissions de gaz
à effet de serre. Il ne faut pas remettre en cause le travail accompli.
Rappelons que, jusquen 1997, les engagements pris nont conduit
quau dérapage des émissions, rendant aujourdhui
incomparablement plus difficile une réduction réelle des
émissions de gaz.
Le protocole de Kyoto représente une avancée sans précédent.
Cest le premier accord à mettre en place un système
de surveillance des engagements, à créer des instruments
économiques incitant à leur respect et à prévoir
des pénalités en cas de manquements. Cest seulement
ainsi que les normes environnementales pourront enfin sappliquer
avec la même efficacité que les règles commerciales,
et que la liberté des échanges ne sera pas systématiquement
privilégiée au détriment de lenvironnement.
La France est depuis longtemps prête, avec ses partenaires européens,
à ratifier ce protocole. Ce sera chose faite avant Johannesburg.
Jappelle les pays qui ont finalisé, à Marrakech, ces
accords avec nous et, en particulier, le Japon, le Canada et la
Russie à se joindre à nous pour que Kyoto entre en
vigueur dès cette année. Les propositions du Président
George BUSH ont certes le mérite de prendre enfin en compte le
problème du réchauffement climatique, mais elles sont loin
dêtre à la hauteur des enjeux. Chacun doit être
conscient de sa responsabilité dans léquilibre de
la planète.
Nous devons accomplir les mêmes efforts pour la défense de
la diversité biologique. Nous avons déjà réussi
à finaliser le protocole de Carthagène sur la bio-sécurité,
qui a été signé par plus de 170 pays. Cest
un véritable succès, car ce protocole consacre le principe
de précaution comme outil essentiel de la décision publique
en cas dincertitude scientifique sur les impacts des organismes
génétiquement modifiés. Il introduit aussi des notions
nouvelles et importantes, telles la transparence et la responsabilité.
Ce protocole fournit aussi des outils de gestion du risque qui pourraient
sappliquer dans dautres domaines, notamment en matière
de pollution industrielle.
Comme nous lavons déjà fait pour les médicaments,
il nous faut, dans le domaine de la biodiversité, réfléchir
à ladaptation des accords sur la propriété
intellectuelle. Il est absolument nécessaire de conserver un stock
de ressources génétiques libre de droits. Cest lobjet
de laccord intervenu à la FAO, je men réjouis.
Reste à s'assurer que les droits actuels nentraînent
pas une privatisation des ressources du vivant. Il faudra donc veiller
à ce que ces droits ne retirent pas aux pays en développement,
dont les territoires abritent la majeure partie des ressources naturelles,
les justes bénéfices quils devraient en dégager.
Nous devons aussi relancer les négociations en panne ; je pense
en particulier à la désertification et aux forêts.
Lobjectif de préservation de lenvironnement doit maintenant
être pleinement consacré. La France et lUnion européenne
ont déjà obtenu à la Conférence ministérielle
de lOrganisation mondiale du commerce, à Doha, que lenvironnement
devienne un thème à part entière de la négociation
multilatérale qui sengage. Il nous faut aussi défendre,
en matière denvironnement, le principe du commerce équitable.
Cela prendra du temps, car les règles commerciales ne reconnaissent
que les produits et ignorent les conditions sociales et environnementales
de leur production. Ce principe doit pourtant devenir fondamental pour
tous les acteurs, publics et privés.
Nous devons également construire une véritable Organisation
mondiale de lenvironnement. Elle devrait permettre de rééquilibrer
notre système de gouvernance mondiale, dans lequel les institutions
économiques exercent une influence excessive. Ce besoin déquilibre
doit aussi nous conduire à renforcer considérablement lOrganisation
mondiale de la santé et lOrganisation internationale du travail.
Dans ce même souci, mon gouvernement est favorable à la mise
en place dun Conseil de sécurité économique
lié à lOrganisation des Nations Unies.
Pour lenvironnement, il ne sagit pas de construire une organisation
de plus, mais de bâtir, en partant de ce qui existe déjà
le pôle qui manque actuellement au système mondial. Pour
cela, il faut regrouper les conventions environnementales, rendre cohérents
leurs corps de doctrines et de principes, et les doter dinstruments
communs en matière dévaluation, de surveillance et
de règlements des différends. Tout cela doit être
accompli sous légide du Programme des Nations Unies pour
lEnvironnement, quil conviendra de transformer progressivement.
Cest dès le sommet de Johannesburg quil nous faudra
lancer ce processus.
Cest pour le bien-être des hommes qui vivent sur notre planète
que nous voulons préserver lenvironnement. Nous permettrons
ainsi à tous de continuer à avoir accès aux ressources
naturelles que la Terre nous offre, et en particulier à leau.
Nous devons garantir à chacun le droit à cette ressource
vitale.
Leau est fondamentalement un bien collectif. Certes, fournir cette
ressource a un coût, mais on ne peut pas la réduire à
ce coût. Leau nest pas un bien comme un autre. Elle
na pas de substitut et elle est la source de toute vie, de toute
activité humaine. Leau na pas seulement une valeur
économique, elle a également une valeur sociale, symbolique
et environnementale. Il est donc absolument impératif de garantir
le droit de chacun à leau. Pour cela, il nous faut réfléchir
aux moyens dassurer laccès des populations défavorisées
à cette ressource, ainsi quaux mécanismes économiques
à mettre en place pour réaliser les investissements qui
rendront cela possible.
Au fil des conférences, des pistes et des orientations se dessinent.
La conférence de Rio avait incité les gouvernements à
agir pour la réalisation de ce droit. Pour sa part, la France a
organisé, en mars 1998, une première conférence internationale
sur leau et le développement durable, à Paris, au
siège de lUNESCO. Cette conférence, ouverte à
la société civile, fut la première dune série
dautres rencontres. La prochaine aura lieu à Kyoto en 2003.
Il ressort de ces conférences que les pays du Nord ont leur propre
modèle de gestion de leau, qui nest pas toujours transposable
aux pays du Sud. Entre un système à responsabilité
totalement publique et un système à responsabilité
entièrement privée, toute une gamme de solutions sont possibles.
Parce que leau est un bien collectif, il faut associer la société
civile à sa gestion. Cette gestion commune nécessite un
grand volontarisme en matière de transparence, de formation des
citoyens et de responsabilisation des usagers. Elle nest pas facile.
Nous avons fait, en France, lexpérience de ces difficultés.
Je soutiens pleinement lidée dune charte internationale
des services de leau. Cette charte, qui fait actuellement lobjet
de travaux approfondis, devrait déboucher sur une convention cadre.
La conférence de Johannesburg doit marquer une avancée significative
de la communauté internationale dans la définition dobjectifs
ambitieux. Une attente existe ; nous ne pouvons la décevoir.
Leau est la condition de toute vie. Elle est aussi la condition
essentielle de la santé. Cest pourquoi, en garantissant le
droit à leau pour tous, nous nous donnons les moyens de rendre
plus efficace la lutte contre les grandes pandémies.
La santé est une condition du développement ; laccès
aux soins doit donc devenir un droit.
Nous navons pas craint de poser des limites à la libéralisation
dans le domaine de la santé. Nous avons voulu trouver un jute équilibre
entre la protection de linnovation et la diffusion des connaissances.
Dans le cas du SIDA, le criant déséquilibre qui existait
auparavant était insupportable. Mon gouvernement sest donc
battu à Doha pour que laide aux malades prime sur la logique
commerciale.
Notre prochaine bataille consistera à venir en aide aux pays qui,
parce quils ne peuvent pas produire de médicaments génériques,
doivent les importer. Malgré les oppositions très fortes
qui se font entendre aujourdhui, jai confiance en notre capacité
de conviction. Il sagit dune question élémentaire
de justice et de solidarité. Je suis sûr que ni les gouvernements,
ni les entreprises pharmaceutiques ne se déroberont à leurs
responsabilités.
Dans cette bataille pour le droit à la santé, mon gouvernement
sest montré très actif. Il a lancé le fonds
multilatéral sur les maladies infectieuses. Il a défiscalisé
en 2002 les recherches qui portent sur les maladies touchant surtout les
pays en développement. Il a aussi lancé une coopération
hospitalière sans précédent. Enfin, il a réformé
notre dispositif daide pour en améliorer lefficacité.
Je lai rappelé la semaine dernière à loccasion
du Comité interministériel de la coopération internationale
et du développement, la reprise de la croissance de lAPD
na de sens que si elle sert des objectifs concrets.
Je voudrais aujourdhui prolonger cette démarche. Pour aller
encore plus loin, je souhaite que, très prochainement, les ONG,
qui ont fait beaucoup pour élargir laccès aux médicaments
et dont je veux ici saluer laction, les laboratoires pharmaceutiques
et mon gouvernement se réunissent pour envisager la mise en uvre
dune initiative dans le domaine des maladies négligées
des pays du Sud. Les moyens de lAPD et les financements liés
à lannulation de la dette, dont jai confirmé
il y a quelques jours le caractère additionnel, pourront être
utilisés à cette fin.
Ces moyens doivent également être dégagés pour
garantir à chacun le droit à la culture et à léducation,
cest-à-dire à tout ce qui contribue à façonner
lidentité et à faire la richesse de lhomme.
La défense de la diversité culturelle est aujourdhui
un des enjeux cruciaux du développement. Nous voulons que toutes
les langues et toutes les cultures continuent à se développer.
Elles forment ensemble le patrimoine de lhumanité. Ce patrimoine
est aujourdhui menacé par les forces du marché qui
portent en elles le danger de luniformisation des pratiques culturelles
et fragilisent les créateurs indépendants. Or, sans ces
derniers je pense en particulier aux créateurs de cinéma
et de musique, que deviendrait le dialogue entre cultures que nous
appelons de nos vux ? Il nous appartient donc de veiller à
ce que les États puissent continuer de mener des politiques culturelles
ambitieuses et de corriger ainsi le jeu spontané du marché.
Je propose donc quune convention universelle sur la diversité
des cultures affirme solennellement des droits essentiels : celui des
peuples à accéder à leur culture et à celle
des autres, celui des artistes à créer librement, et celui
des Etats à soutenir la création. Animée par sa volonté
de voir sépanouir les cultures du monde, la France est lun
des seuls pays à avoir intégré la culture dans sa
politique de coopération.
Laccès de tous au savoir est une autre bataille majeure de
notre siècle. Le Sommet du Millenium a fixé des objectifs
clairs et ambitieux pour la scolarisation de tous les enfants de 6 à
12 ans dici 2015. La France sengage avec détermination
à atteindre cet objectif. Elle a mobilisé à cet effet
des crédits liés aux annulations de dettes. Elle inscrira
son action dans le cadre des principes du Millenium : la qualité
de linformation, légalité des garçons
et des filles, et celle des ruraux et des urbains.
La condition essentielle de progrès véritables dans les
domaines que je viens dévoquer est la responsabilisation
de tous les acteurs.
Les entreprises ne peuvent plus ignorer aujourdhui leurs responsabilités
dacteur global. Parmi les cent premières puissances économiques
mondiales, on compte en effet 49 États et 51 entreprises. En 1998,
cest notamment en raison du déséquilibre des droits
et des devoirs que lAccord multilatéral sur linvestissement
instituait entre les États et les entreprises que je me suis opposé
à la poursuite des négociations.
Le moment me semble venu aujourdhui de relancer la réflexion
sur des bases entièrement nouvelles, en établissant des
règles de transparence et en définissant clairement les
responsabilités sociales et environnementales de ces acteurs majeurs
de la mondialisation.
Les réflexions lancées par Kofi ANNAN à travers le
« Global Compact » je me réjouis dailleurs
que des entreprises françaises y soient associées
vont dans ce sens, tout comme les propositions émanant des ONG.
Ainsi pourront être débattues les conditions dune négociation
sociale et dune contractualisation à léchelle
mondiale, entre les gouvernements, les acteurs de la société
civile et les entreprises. Il me semble, à cet égard, que
les codes de conduite et les chartes auxquels réfléchissent
les entreprises doivent être intégrés à un
accord international. Il ne sagit pas de souscrire à la «
politique des indulgences » et de sauto-décerner des
brevets de bonne conduite. Mon gouvernement, pour sa part, a innové
dans ce domaine grâce à la loi sur les nouvelles régulations
économiques. Les entreprises devront désormais rendre des
comptes sur la façon dont elles intègrent les dimensions
sociale et environnementale à leur activité. Je souhaite
que les administrations sastreignent à la même discipline.
Cest en poursuivant dans cette voie que nous trouverons les synergies
les meilleures entre les investissement privés, parfois nécessaires
pour assurer les services essentiels laccès à
leau, à lénergie, aux soins de santé,
et même au savoir, et les fonds publics qui doivent garantir
laccès à ces services pour les plus démunis.
Nous défendrons lidée dune approche spécifique
sur ces services essentiels lors du Sommet européen de Barcelone.
Une même démarche doit être entreprise au plan international
pour que les investissements dans ces services obéissent à
des principes communs. Ces principes sont simples : ils doivent reconnaître
le droit universel daccès aux services essentiels, la compétence
exclusive de la puissance publique pour les mettre en uvre y
compris avec laide du secteur privé, et le caractère
de bien public des ressources mobilisées. Dans mon esprit, ce partenariat
public-privé est le contraire même de la dérégulation
et de la débudgétisation de ces services.
Pour préparer les propositions que fera la France à Johannesburg,
je souhaite mettre en uvre, dès maintenant et au niveau national,
cette démarche contractuelle avec les ONG et les entreprises dans
deux domaines, leau et lénergie. Jinvite donc
le comité français de préparation au Sommet mondial
pour le Développement durable, dont jai confié la
Présidence à Michel MOUSEL, à réunir les acteurs
impliqués et à faire des propositions au Gouvernement. En
effet, pour nous engager dans une véritable contractualisation
dans laquelle les fonds publics viendraient appuyer la garantie des droits
essentiels, nos outils devront sans doute être adaptés et
confortés. Au-delà, la réflexion sur le développement
durable doit se poursuivre dans notre pays. Parce que nous manquions doutils
de médiation et de concertation, mon gouvernement a créé
un Institut du développement durable pour donner un cadre à
la réflexion publique et scientifique en ce domaine. Ce nest
quune première étape. La deuxième doit être
franchie avec les entreprises et le monde associatif et syndical. Il nous
faut maintenant une fondation internationale pour le développement
durable, afin de faire vivre et entendre la pensée de la France
et de lEurope sur ces sujets.
Mesdames, Messieurs,
Les objectifs de sécurité et la mise en uvre du développement
durable à léchelle mondiale appellent la régulation
de la mondialisation. Cela signifie davantage de droit et un rôle
accru pour lÉtat. Cela signifie aussi plus de démocratie
et une plus large participation citoyenne à lélaboration
des choix collectifs. Les mouvements qui agissent au sein des Nations
comme à léchelle mondiale interpellent les gouvernements.
Ces interpellations sont de nature très différente. Mais,
quelles quelles soient, nous devons, nous gouvernements, les écouter,
dialoguer et répondre aux questions que posent les citoyens. Ceux-ci
ont un autre rôle fondamental à jouer : veiller au respect
des engagements publics et témoigner des défaillances et
des succès de la communauté internationale dans lapplication
des accords conclus. Telles sont les conditions dun véritable
débat public à léchelle mondiale. Ainsi progresseront,
tant dans la politique des Nations que dans la conscience de tous les
citoyens, les objectifs du développement durable. Ce nest
quen nous attaquant ainsi aux problèmes structurels de la
planète que nous parviendrons à garantir la sécurité
collective. LEurope doit tout faire et sengager avec toute
sa force de conviction pour que le monde suive cette voie.
Source: http://www.premier-ministre.gouv.fr/fr/p.cfm?ref=32129
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