Dialogues pour la terre
Jeudi 21 février 2002
Intervention de Madame Anne-Marie Comparini
Seule la version lue fait foi
 
Monsieur le Premier Ministre,
Monsieur le Sénateur-Maire,
Monsieur le Président de Green Cross,
Monsieur le Président du Conseil de la Terre,
Mesdames, Messieurs,
Je suis heureuse, monsieur le président de green cross, que vous ayez choisi Lyon, capitale de notre région pour réunir les meilleurs spécialistes du développement durable.
Réfléchir au « développement du présent sans compromettre la capacité des générations futures à satisfaire leurs  besoins ». Nous sommes bien là, au cœur des grandes questions qui fondent l'avenir de chacun d'entre nous, mais aussi peut être l'utopie créatrice qu'il faudrait à notre planète. Nous sommes bien là, au cœur des enjeux que doit avoir à l'esprit tout élu responsable. De ce fait, aucun lyonnais ne sera étonné que vous ayez fait ce choix, conseillé par monsieur barre .
C’est aussi un immense honneur d’être parmi vous aujourd’hui et d’apporter la modeste contribution du conseil régional Rhône alpes aux Dialogues pour la terre.
Rhône-Alpes est vous le savez, une région qui a connu un développement économique, touristique et agricole intense, lié à la mise en valeur de ses ressources humaines et naturelles et à sa situation de carrefour entre l'Europe du Nord, la Péninsule ibérique et l'Italie. Toutefois, ces avantages ne sont pas sans effets négatifs : engorgement de la vallée du Rhône et du sillon rhônalpin, étalement urbain autour des agglomérations, déprise agricole, surfréquentation de sites touristiques, pollution des milieux naturels...
Pour corriger ces effets, tout en maintenant et développant le potentiel économique régional, le Conseil régional mène différentes politiques sectorielles ( recyclage des déchets, recherche de la qualité environnementale dans la construction ou réhabilitation des lycées, politique volontaire en faveur du transport ferroviaire . . ) et territoriales telles que les Parcs Naturels Régionaux, contrats de rivière, les contrats de développement des territoires).
De plus, nous accompagnons les collectivités locales qui se lancent dans les premiers Agendas 21 ou les entreprises qui créent des postes de management environnemental. Et nous élaborons en ce moment le schéma d’aménagement et de développement durable du territoire en associant les rhônalpins au devenir de leur région à l’horizon des années 2020. Leur qualité de vie et leur environnement sont pour eux, des préoccupations majeures.
Mais restons modestes. Nous sommes encore loin de maîtriser la complexité du développement durable. Plus même. Aujourd’hui, 10 ans, après Conférence de Rio, le développement durable est encore flou dans les esprits. Il reste trop souvent rhétorique et pas complètement opérationnel .
Aussi comme toujours dans ces cas là et, parce que les bonnes fées à Lyon sont étrangères pour concrétiser le concept nous avons entamé des réflexions communes avec nos régions partenaires en Europe et le Québec afin de mutualiser les expériences et de faire émerger nos bonnes pratiques.
Je ne vous cacherai pas, mesdames et messieurs, que très rapidement nous avons tiré, de nos actions respectives, l'enseignement que le développement durable est un vaste chantier, tant l'enjeu est aux multiples facettes .
Il est global, tous les peuples doivent accéder à un niveau satisfaisant de développement mais on ne sent pas assez que nous sommes tous liés par cette communauté de destin . Il y a un vide et pour l'instant, il faudrait parler des développements durables. Il est qualitatif au moment où la forme de développement de notre société est trop souvent assimilée à une croissance quantitative, et où il faudrait repenser l'ensemble de nos politiques: notre mode de croissance, nos approvisionnements, nos choix de production et nos systèmes de protection .
Il nous parle de dimension solidaire, de l’homme qui doit revenir au centre de nos préoccupations tant il est vrai qu'il est « la 1ère des ressources ».
Il sous entend pour les jeunes une pédagogie ouverte sur le monde et sur le développement personnel, notion qui m’est chère et qui guide toute notre politique régionale en matière de formation initiale.
Il suppose une nouvelle gouvernance faisant de la concertation et de la participation des évidences nouvelles, de nouveaux lieux d'apprentissage de la citoyenneté car les collectivités locales et les acteurs privés doivent y jouer tout leur rôle. Et pour nous français se posent alors les questions du renforcement de la décentralisation, des rapports entre le local et le national et du rôle de l'état.
Il est et sera , de plus en plus un avantage commercial pour les entreprises qui l'intégreront dans leur stratégie industrielle .
Il est enfin dans notre réflexion partagée un label de différenciation pour les territoires d'action que sont les collectivités régionales .
 
Vous le voyez, nous sentons tous que le développement durable est un vrai projet pour chacun d'entre nous dans nos vies personnelle ou professionnelle et pour notre région qui doit s'imposer dans la compétition intense que se livrent les territoires.
 
Mais pour parvenir à remplir tous les critères du développement durable, pour parvenir à les appliquer et à le faire collectivement- institutionnels et acteurs socio économiques- des recherches, des approfondissements sont encore bien nécessaires .
 
Vous comprenez dés lors, monsieur le président, mesdames et messieurs combien nous serons attentifs à vos travaux. Je les souhaite riches pour que le développement durable devienne axe d'action de nos collectivités mais aussi de nos pays et au delà , maintienne intacte l ' attitude d'espérance des jeunes envers le monde dans lequel ils vivent .